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Qu'est ce qu'une banque de céréales et quelle est son utilité ?

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Pourquoi les banques de céréales ?

La création de banques de céréales veut répondre à un problème perçu dans tout le Sahel. Dû à la saisonnalité des pluies, la période de production de céréales est concentrée sur quelques mois. Pendant cette période, la forte disponibilité de céréales sur les marchés fait chuter les prix, qui normalement remontent au fur et à mesure que l'on s'approche de la saison pluvieuse pour atteindre leur pic avant la récolte suivante. La baisse des prix obligerait les paysans à vendre une grande partie de leur production au moment de la récolte pour faire face à leurs besoins de trésorerie. Les paysans se verraient alors forcés à racheter des céréales auprès des commerçants à des prix beaucoup plus élevés pour assurer leurs besoins alimentaires en période de soudure.

L'objectif avoué des banques céréalières situées dans les zones déficitaires ou à équilibre alimentaire précaire est donc généralement celui de garantir, à travers le stockage collectif, l'accessibilité des céréales aux populations rurales pendant la période de soudure. L'accessibilité est ici définie en premier lieu par la présence physique d'un stock au niveau du village, car il ne faut pas oublier qu'un grand nombre de villages devient inaccessible pendant la période pluvieuse (période de soudure), en deuxième lieu par un prix d'achat inférieur, en principe, à celui du marché. Pour répondre au comportement jugé spéculatif et usurier2 des commerçants privés, il est attendu des banques céréalières qu'elles achètent auprès des villageois, ou même ailleurs, au moment où les prix sont plus bas, c'est à dire normalement en période de récolte et revendent ensuite aux villageois en période de soudure à un prix inférieur à celui du marché en ce moment.

En fonction des caractéristiques des zones dans lesquelles elles sont implantées, les banques de céréales peuvent suivre différentes stratégies d'approvisionnement :

  • En zone déficitaire, la banque s'approvisionne normalement dans les zones excédentaires ou sur les marchés locaux, en moindre mesure chez les producteurs ;
  • En zone excédentaire, la banque s'approvisionne plutôt chez les producteurs locaux mais vend les céréales sur les marchés locaux ou plus rarement dans les zones déficitaires ;
  • En zone à équilibre précaire, les stratégies d'approvisionnement seront probablement fonction de l'évolution de la campagne agricole.

La différence Eddufao

L'afrique subit de plein fouet la crise mondiale, précédée par une crise alimentaire et financière. Les prix des matières premières et des denrées alimentaires se sont envolés mettant en péril une économie bien souvent basée sur le troc.

Il nous semble urgent de soutenir et consolider la banque de céréales afin d'apporter une aide vitale aux populations les plus démunies, permettre aux producteurs de vendre à des prix raisonnables grâce au développement du stockage, créer des banques solidaires pouvant distribuer à des familles dans le besoin des prêts de denrées aux même prix qu'a le récolte.

Pour cela, nous avons crée une banque de céréale qui crée du bénéfice qui est reversé à ses actionnaires constitués par Eddufao, les groupements de femmes et les associations villageoises, les bénéfices générés de la part d'Eddufao servent à créer un fond solidaire qui permet d'ouvrir des prêts remboursable à la récolte suivante. Nous avons ouvert aussi pour compenser le manque de liquidités dans les caisses des groupements et associations des micro-crédits céréales.

Le but est de créer une structure autonome qui puisse faire face aux fluctuations incessantes des cours du mil mais aussi de créer un fond social pouvant aider les familles en cas de crise alimentaire.

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La situation en 2011

Les petits producteurs craignent une flambée des prix des céréales lire l'article

Les petits producteurs craignent une flambée des prix des céréales. Soumaîla T Diarra

article relayé par IPS(inter press service news agency) du 23 novembre 2010

BAMAKO , 24 nov (IPS) - Comme chaque année, des villages maliens, réunis en associations, s'apprêtent à reconstituer leurs banques de céréales, des provisions leur permettant de réguler les prix de ces produits sur le marché. Ces stocks seront vendus aux populations locales en période de soudure, de juin à septembre.

«Les banques de céréales nous préservent de la faim. Elles atténuent la souffrance des paysans lorsque les commerçants font flamber les prix des céréales», a déclaré à IPS, Abdoulaye Seriba Traoré, président de l'association paysanne Bemba (qui signifie la grande entente, en bambara) du village de Sanankoroba, situé dans le sud du Mali.

Chaque année, les provisions de vivres stockées de décembre à juillet dans la banque de céréales de ce village sont vendues aux populations de 60 villages, tous membres de l'association. «Vers le début de l'hivernage (la saison des pluies de juin à octobre) qui s'achève maintenant, l'association a accordé aux paysans des semences de maïs, ainsi que des intrants (engrais). Les bénéficiaires vont rembourser l'engrais avec une partie de leurs récoltes que nous allons stocker dans la banque de céréales», a expliqué Traoré.

Ces collectes permettront à l'association de mettre, sur le marché, du maïs à un prix largement inférieur à celui que proposent les commerçants pendant la saison des pluies. Pourtant, après les récoltes, les commerçants achètent des céréales à bas prix auprès des paysans qui ont besoin d'argent pour faire face à certaines dépenses courantes de leurs familles.

«Mais, notre association, qui achète aussi une partie des stocks de la banque de céréales, propose un prix d'achat plus intéressant aux paysans», a indiqué à IPS, Sory Bagayogo, un paysan de Sanakoroba.

Selon Bagayogo, quand les commerçants proposent le sac de mil à 25.000 francs CFA (environ 54 dollars), la banque de céréales l'offre à 15.000 FCFA (environ 32 dollars). «Au moment des récoltes, les commerçants achètent parfois auprès des paysans le sac de mil à 7.500 FCFA (environ 16 dollars) tandis que la banque de céréales peut l'acheter à 12.500 FCFA (27 dollars)», a-t-il expliqué.

En dehors de la spéculation des marchands de céréales, une des raisons de l'existence des banques de céréales est l'incapacité des paysans à atteindre l'autosuffisance alimentaire par leurs propres cultures.

«Je ne connais aucun village où il y a plus de quatre ou cinq familles qui trouvent leur nourriture de toute l'année en cultivant. C'est à cause de la sécheresse que nous nous intéressons beaucoup aux banques de céréales», a affirmé à IPS, N'Téï Diarra, une femme paysanne du village de Massantola, dans le sud de pays sahélien d'Afrique de l'ouest.

Mais, c'est à l'initiative du gouvernement malien, en 2005, que les banques de céréales se sont multipliées dans les villages. Ainsi, il a été octroyé 20 à 25 tonnes de céréales à chacune des 703 communes du pays en fonction du besoin de chaque municipalité. Et dans chaque commune, un comité de gestion comprenant les représentants des jeunes, des femmes, des paysans et de l'Etat (le sous-préfet), s'occupe de la vente et de la reconstitution des stocks de ces banques de céréales.

Malgré ces nombreuses mesures de protection, les banques de céréales sont souvent mal gérées par certains responsables locaux. Bourama Diarra, agent d'une caisse d'épargne et de crédit dans le cercle de Kolokani (sud du pays), a témoigné à IPS: «Un maire dont la commune était à court d'argent, avait fait un retrait sur le compte de la banque de céréales (en 2009), mais il n'avait pas acheté de céréales pour reconstituer le stock. Il avait utilisé l'argent pour payer le per diem des gens qui avaient participé à une réunion municipale».

Le conseil municipal n'a pris aucune sanction contre le maire, mais sous la pression du sous-préfet qui a découvert le détournement, le maire a remboursé l'argent, selon Diarra.

Cependant, des mesures de contrôle ont été prises pour que les villages puissent sauvegarder les fonds de roulement. «L'Etat exige que les fonds des banques de céréales soient logés dans une banque de proximité. C'est pourquoi lorsque les paysans achètent les stocks de céréales, l'argent est gardé dans un compte spécial», a déclaré à IPS, Dicko Bassa Diané , la chargée de la promotion des échanges au Commissariat à la sécurité alimentaire à Bamako, la capitale malienne.

Ce commissariat, créé en 2005, souligne dans son rapport de 2009 que les banques de céréales ont fait un taux de reconstitution de 50 pour cent. Ce service public suit de près la gestion des banques de céréales, propose des stratégies, prépare et met en œuvre des mesures visant à assurer une pleine couverture des besoins alimentaires du pays.Cet organe veille également à la constitution et à la reconstitution du stock national de sécurité alimentaire. Ainsi, il organise, après les récoltes, des bourses de céréales dans certaines régions du sud du pays qui en produisent beaucoup. Les bourses de céréales sont des rencontres organisées entre producteurs et acheteurs, entre décembre et mars.

«C'est l'occasion pour les grands producteurs céréaliers de ces zones (productrices) de négocier des contrats de vente directement avec les responsables des banques de céréales des zones désertiques du grand Nord (peu propices à l'agriculture)», indique Diané. (FIN/2010)

Programme zones greniers au Mali : Plus de 60 milliards de F CFA pour la circulation céréalière le programme

Programme zones greniers au Mali : Plus de 60 milliards de F CFA pour la circulation céréalière

le succès de «l'initiative riz», le ministère del'Agriculture et ses partenaires viennent d'élaborer un grand programme appelé programme de Transformation intégrée des «Zones greniers au Mali». Il vise à développer la production et la commercialisation des céréales.

Le Programme de transformation intégrée des« Zones greniers au Mali » a été conçu par le ministère de l'Agriculture et l'Alliance pour la révolution verte en Afrique (Agra). Le programme a été présenté aux membres du gouvernement par le ministre de l'Agriculture, Aghatam Ag Alhassane et son secrétaire général, Moussa Léo Sidibé.

Selon le ministre, le projet est conçu pour 7 ans. A ses dires, le programme a fixé ses priorités d’actions sur les filières à plus fort potentiel technique comme le maïs, le riz, le sorgho et le mil.

Aghatam Ag Alhassane dira que le programme touchera toutes les régions, mais a-t-il ajouté, Sikasso a été choisie comme région pilote. Dans son exposé, Moussa Léo Sidibé a expliqué que Sikasso et Ségou sont ressorties comme les « zones greniers prioritaires du Mali ». A l'en croire, Sikasso, émerge comme la région à plus fort potentiel céréalier muti-filières (maïs, riz, sorgho et mil).

Le Programme « zone grenier pilote » de Sikasso s'articule autour de 4 piliers: l'appui sélectif à l'émergence de 400 à 525 agrégateurs pour le développement de la production et de la commercialisation, la croissance des moyennes et grandes exploitations structurées, le développement de l'aval et des débouchés autour de la transformation, de l'élevage et des exploitations et l'alignement des actions transversales autour de 5axes prioritaires.

Le coût du programme « zone grenier pilote » de Sikasso est estimé à plus de 58 milliards de F CFA. Le financement du programme sera assuré par une forte contribution du secteur privé stimulée par un investissement et des appuis focalisés du secteur public. Ainsi, le programme prévoit une contribution publique de 50 à 65 milliards de F CFA. Le concept du programme a été jugé bon par tous les membres du gouvernement présents à la réunion.

Le Premier ministre a recommandé de revoir le système de financement du programme et de l'étendre à tout le pays.

Sidiki Doumbia 03 Février 2011.

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